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Au cours des époques, deux châteaux se sont succédés sur la commune de Frocourt : L’un datait du seizième et l’autre du dix-neuvième siècle. Le site des deux constructions sont identiques, d’ailleurs les caves demeurent bien présentes, comblées de gravats et enterrées sous les deux dernières habitations de la rue de la Chapelle, à proximité de la mairie. Quelques traces sous la forme de bancs en pierre témoignent encore de ce passé.
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En 1735, le château du seigneur de FROCOURT, François Louis Le Tellier, est décrit comme de style Renaissance entouré de fossés et muni d’un pont-levis. Les toitures très pentues portent des cheminées élevées, décorées de sculptures. Au premier, sur la façade, un écusson, taillé dans la pierre, montre trois fleurs de lys et deux salamandres. Dans un des bâtiments, l’on a retrouvé la statue d’un buste de femme. Ces deux éléments sembleraient confirmer la rumeur selon laquelle François 1er aurait fait construire la bâtisse pour Anne de PISSELEU, sa maîtresse âgée de seize ans en 1526, au début de leur idylle.
En 1829, Madame de Saint Chamans, divorcée du révolutionnaire Comte de CANOUVILLE, vend l’édifice à Monsieur GIBERT, receveur général, qui le démolit en 1831. A sa place, il construit, sur le modèle d’un cottage écossais, une bâtisse carrée à deux étages, en briques. En 1860, le manoir devient la propriété de la famille LAGRENEE. Le fils de l’acquéreuse, Georges, y vivra, deviendra maire du village et offrira le bâtiment de l’école à la commune.
En 1925, le domaine rentre dans la famille CHAMPENOIS et va, lors de la seconde moitié du XXe siècle, tomber lentement en ruine. Il sera détruit en 1982.
Comme tout château qui se respecte, celui de FROCOURT avait ses dépendances et son moulin dont la partie habitation, encore debout, abrite la mairie actuelle. Il apportait l’électricité au château.
Relativement peu détérioré derrière la maison communale, il permettait grâce à la retenue d’eau de l’ancien étang de réguler le ru de Berneuil pour animer la force motrice
Elles aussi ont disparu, il n’en reste que le nom d’une rue.
Aujourd’hui asséché, son fond était pavé, il s’étendait de la cascade artificielle en amont au vannage en aval. C’était un lieu agréable de promenades en barques et de pêche. Pour respecter la préférence de l’arbre pour les terrains humides, le cyprès chauve qui pousse dans le parc du château a été planté en bordure de l’étang, il souffre maintenant du manque d’eau.
Disparue également, elle se situait entre les habitations de l’impasse CANOUVILLE et de la rue de la Chapelle.
L’immense parc boisé de chênes séculaires était renommé et possédait à son apogée un arboretum aux espèces rares et exotiques. Son étendue allait des lotissements de la Fontenelle, du Vert village, de la Résidence du Château en passant par l’ancien plan d’eau pour finir sur la partie reboisée comprenant l’arboretum actuel.
Auguste-Lucien VERITE construit sa toute première horloge astronomique pour le château de Frocourt en 1855 avant son chef d’œuvre de la Cathédrale de Beauvais achevée en 1868.
| Les résidents du château de Frocourt |
Famille de DAUVET
(Jusqu’en 1732)
Famille Le TELLIER
(Jusqu’en 1767)
Famille de St CHAMANS
(Jusqu’en 1829)
Famille GIBERT
(Jusqu’en 1860) :
Nouvel édifice (1831)
Famille LAGRENEE
(Jusqu’en 1915)
Famille CHAMPENOIS :
Démolition (1982)